Dong Zhuo intronise l'empereur Xian ; gouverneurs, seigneurs de guerre et peuples voisins observent, hésitent, se préparent.
L'autorité impériale han reste formellement intacte : un empereur siège à Luoyang, une administration provinciale fonctionne, des routes et relais relient encore la capitale aux confins. Mais le pouvoir réel s'est déplacé vers celui qui contrôle la personne de l'empereur et les troupes stationnées dans la capitale. Les gouverneurs de province, nommés par la cour, disposent chacun de leurs propres troupes et de degrés d'autonomie très variables ; certains sont déjà en délicatesse ouverte avec Dong Zhuo, d'autres attendent de voir. Aux frontières, les Xiongnu du Sud traversent leur propre crise de succession, tandis que les confédérations xianbei, les cités du bassin du Tarim, la sphère d'influence kouchane, et les royaumes indiens, népalais, birmans et indochinois poursuivent des trajectoires largement indépendantes de celles de la Chine, tout en étant reliés à elle par des routes commerciales terrestres et maritimes actives. L'information circule lentement, par relais de chevaux et par messagers, et un gouverneur éloigné peut agir plusieurs semaines avant que la cour n'en soit informée.
Le 28 septembre 189, à Luoyang, Dong Zhuo dépose l'empereur Shao et intronise son jeune frère Xian. Les gouverneurs de province, mi-loyaux mi-ambitieux, observent la scène sans savoir encore s'ils doivent s'incliner, temporiser ou se révolter. Aux marges de l'empire, d'autres pouvoirs — xiongnu, xianbei, kouchans, royaumes indiens et birmans — vivent leurs propres tensions, parfois en écho à celle de la Chine.
Un ordre militaire n'est suivi que s'il émane d'une chaîne de commandement crédible reconnue par les troupes concernées ; un général peut choisir de l'ignorer si son loyalisme est douteux. Un gouverneur de province ne peut être révoqué que par une décision de la cour reconnue comme légitime par les autres gouverneurs, sans quoi la révocation reste lettre morte sur le terrain. Le chanyu des Xiongnu du Sud n'exerce une autorité réelle que si les tribus rebelles de l'Ordos le reconnaissent effectivement ; en cas de rejet, son pouvoir demeure purement théorique. Les nouvelles mettent plusieurs jours à plusieurs semaines pour circuler entre régions éloignées, selon les routes et relais disponibles en 189.