Le monde au lendemain de l’incident de Scarborough.
La République de Bellorie occupe l’ensemble de l’ancienne enclave de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie. Peuplée d’environ 2,25 millions d’habitants, elle est prospère, fortement administrée et autoritaire. Le bellorien, langue romane issue du français et fortement influencée par les héritages lituanien, polonais et russe, est la langue nationale. Richard Dumon dirige l’État avec le titre de ministre à la Sécurité de l’État; un Premier ministre, un parlement, des partis d’opposition et une presse partiellement pluraliste subsistent, mais l’architecture sécuritaire et la famille Dumon ne peuvent être réellement menacées par la compétition politique. Le compromis social du régime associe ordre politique, services publics développés, logement social, santé, éducation, transports et économie mixte. L’histoire bellorienne est marquée par une influence française ancienne, le Duché de Bellorie créé dans l’orbite napoléonienne en 1807, une restauration après la Première Guerre mondiale, l’annexion nazie, l’occupation soviétique puis une guerre civile extrêmement violente après 1991. Armand Dumon et son fils Richard ont émergé de cette guerre comme figures de la réunification de l’État. Cette mémoire explique une culture de préparation permanente: réserves importantes, infrastructures redondantes, stocks, protection civile et forces armées disproportionnées pour la taille du pays. Pourtant, au début du scénario, la Bellorie demeure en Vigilance 0 — Courante. Des exercices près des frontières polonaise et lituanienne sont programmés de longue date et ne constituent pas une mobilisation contre ses voisins. La doctrine bellorienne de Défense Intégrale ne désigne aucun ennemi unique. Elle vise à rendre le pays capable de survivre à une guerre contre n’importe quel adversaire, de maintenir la continuité de l’État et de défendre durablement les villes et le territoire si les forces conventionnelles perdaient du terrain. La Bellorie entretient des liens historiques étroits avec la France, des rapports fonctionnels avec l’Union européenne et l’OTAN, et des relations pragmatiques avec la Russie. Sa ligne diplomatique revendiquée est: «Commerce avec tous, dépendance envers personne.» Ailleurs, les conflits et tensions du monde réel restent actifs. La guerre entre la Russie et l’Ukraine se poursuit; la confrontation militaire impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël pèse sur le Golfe et les routes énergétiques; le conflit israélo-palestinien demeure non résolu; le Soudan est en guerre civile; le Myanmar, l’est de la République démocratique du Congo et plusieurs foyers sahéliens restent instables. Dans ce contexte déjà tendu, l’incident de Scarborough devient une nouvelle crise susceptible de rester limitée ou de relier entre eux plusieurs théâtres stratégiques.
Le 11 septembre 2026 à 00:00, le monde conserve sa situation géopolitique réelle, mais l’ancienne enclave de Kaliningrad est depuis des décennies la République de Bellorie. Quelques heures plus tôt, une collision meurtrière entre garde-côtes chinois et philippins près de Scarborough a fait sept morts philippins et deux morts ou disparus chinois. Aucun tir n’est confirmé, les responsabilités sont contestées et les alliances n’ont pas encore transformé la crise en guerre ouverte.
L’incident de Scarborough reste juridiquement et factuellement ambigu au début du scénario: aucun tir n’est confirmé et aucun traité d’alliance ne déclenche automatiquement une guerre. Toute escalade majeure doit résulter de décisions, d’incidents supplémentaires ou d’informations crédibles. La Bellorie commence en Vigilance 0; sa préparation défensive élevée est structurelle et ne constitue pas une connaissance anticipée de la crise. Sa doctrine privilégie la continuité de l’État, la résilience civile, la défense territoriale et la résistance prolongée en cas d’invasion, sans imposer de guerre préventive. Les relations extérieures belloriennes restent pragmatiques et bilatérales: ni l’Occident ni la Russie ne disposent d’un droit automatique d’alignement. Les conflits déjà actifs conservent leurs contraintes matérielles et politiques initiales. Les informations classifiées ne sont utilisables que par les acteurs qui disposent d’un accès crédible à ces renseignements. Un franchissement du seuil nucléaire exige une chaîne de décision étatique crédible et ne peut provenir d’une simple hausse abstraite de tension.