Née de la chute de Cuba, une jeune république pirate s'impose face à des empires qui refusent de la reconnaître.
La République des Pirates est une jeune formation politique née de la piraterie organisée aux Bahamas puis étendue par la conquête de Cuba, prise en un seul jour face à une résistance espagnole écrasée, avec très peu de pertes civiles. Ses institutions balbutient : un Conseil qui propose des lois soumises au vote du peuple, une Cour suprême encore jeune, et une Banque de la République qui commence à financer l'effort naval et la reconstruction cubaine. La société républicaine se veut démocratique et sociale, portée par l'abolition de l'esclavage, une réforme agraire redistribuant les terres aux colons et affranchis, et un projet d'éducation publique, ce qui inquiète les grands propriétaires terriens locaux et étrangers. Diplomatiquement, la République reste totalement isolée : l'Espagne, humiliée par la perte de Cuba, l'Angleterre et la France, rivales dans les Antilles, et le Portugal, plus distant, la considèrent tous comme une menace ou une curiosité dangereuse. Peu d'agents étrangers opèrent ouvertement à Nassau. La République vit de piraterie assumée, de contrebande tolérée avec des colons privés d'autres puissances, et d'un système bancaire naissant mais qui croît vite, porté par des marins aguerris qui font de sa marine une force dissuasive dans toute la région.
Le 1er mars 1744, trois mois après la chute foudroyante de La Havane, la République des Pirates, née à Nassau, contrôle désormais Cuba et dispose d'une flotte redoutée dans les Caraïbes. Linebeck gouverne en Roi par régence, en l'attente du retour de la Reine partie preparer un tour du monde. Aucune puissance européenne ne reconnaît la République, et l'intégration de Cuba, entre espoirs de réforme agraire et colère des grands propriétaires, reste à consolider.
Un territoire nouvellement conquis reste en tension foncière tant qu'aucune administration républicaine stable n'y est établie. La flotte de la République tire sa force de sa concentration : dispersée, elle perd son avantage décisif face aux escadres européennes. Le Conseil de la République doit faire voter par le peuple toute loi majeure avant qu'elle ne produise ses effets, ce qui ralentit les décisions institutionnelles mais renforce leur légitimité. La réforme agraire irrite proportionnellement les élites terriennes locales et les puissances étrangères dont des ressortissants possèdent des terres dans les zones concernées. La République peut, sur le temps long, convaincre des colonies pauvres voisines de se rebeller et de la rejoindre, mais cette influence reste lente et discrète tant que la reconnaissance diplomatique officielle fait défaut.