Un coup d'État insulaire, un minerai instable, et le monde entier qui retient son souffle.
La Grande Sardegna ne contrôle encore que quelques points clés de l'île : Cagliari, son aéroport et son port, ainsi que la base aérienne de Decimomannu. Le reste du territoire, y compris le bassin minier et les zones rurales de l'intérieur, reste à sécuriser. L'Italie n'a rien reconnu et mobilise ses forces à La Spezia, Naples et Gaète, mais s'arrête pour l'instant à des mises en garde. La CIA a discrètement soutenu la préparation du coup, en misant sur l'accès privilégié au Lutonium plutôt que sur une idéologie partagée ; ce soutien reste secret et non assumé publiquement par Washington. Le Lutonium, comparable à l'uranium mais bien plus instable, attire déjà l'attention des marchés de matières premières, des services de renseignement et des chancelleries du monde entier, qui hésitent entre l'endiguement, la négociation et l'opportunisme économique.
Dans la nuit du 11 au 12 janvier 2010, le général Lucio Di Ravelo s'empare des points stratégiques de Cagliari et proclame la Grande Sardegna, séparée de l'Italie. Le contrôle du Lutonium, minerai explosif et hautement énergétique unique au bassin du Sulcis-Iglesiente, devient en quelques heures un enjeu que Rome, Washington et les grandes puissances ne peuvent ignorer.
Le Lutonium ne s'extrait que dans le bassin du Sulcis-Iglesiente et nulle part ailleurs sur la carte. Le soutien de la CIA à Di Ravelo est secret : sa révélation publique oblige Washington à un désaveu officiel ou à une rupture ouverte. Aucune guerre n'est officiellement déclarée entre la Grande Sardegna et l'Italie au départ ; l'Italie reste hostile et menaçante sans franchir ce seuil. La rareté et l'instabilité du Lutonium rendent la plupart des grandes puissances réticentes à un affrontement direct avec la Grande Sardegna, par crainte d'une crise diplomatique majeure ou d'un incident impliquant le minerai. La conquête ou la sécurisation du territoire sarde progresse haut lieu par haut lieu plutôt que par bascule totale d'une région entière.