En 1978, Papote domine Nova Lupa, mais Milan, l’État italien, les nouveaux clans et le Consortium transforment la paix en guerre d’influence.
Nova Lupa est une grande métropole portuaire fictive située dans la région de Genova et devenue, après plusieurs années de rivalités mafieuses, un carrefour économique majeur entre la Méditerranée, la Lombardie industrielle et les axes de Piacenza, Parma et Bologna. Papote y exerce l’influence criminelle dominante, mais la municipalité, la préfecture, la police, la magistrature, la Guardia di Finanza et l’autorité portuaire restent des centres de pouvoir distincts. Milan projette sa puissance bancaire, immobilière et industrielle à travers la Famiglia Visconti, tandis que la Famiglia Corvino protège ses intérêts sur la Riviera occidentale. Le programme Nova Lupa 1985 concentre les enjeux de reconstruction : Porto Nuovo, immobilier, routes, quartier financier, zone industrielle et tourisme. Les grands projets attirent capitaux privés, sociétés de transport, banques et investisseurs extérieurs. Il Consorzio agit sans territoire officiel, par sociétés-écrans, holdings, intermédiaires et acquisitions foncières. Dans l’Italie de 1978, les ports, les infrastructures, les banques et les grands centres industriels ont une importance stratégique qui pousse les autorités nationales à surveiller de près les rapports entre crime organisé, économie et administration.
Le 14 octobre 1978, la guerre des anciennes familles de Nova Lupa est terminée. Papote a pris l’ascendant sur la ville, tandis que les Vespera, Malacroce, Ferragni et De Luca ont été détruits, absorbés, dispersés ou contraints de capituler, et que les Sordello ont conservé un vieux bastion populaire sans retrouver leur puissance passée. Cette victoire ouvre pourtant une période plus dangereuse : la Famiglia Visconti de Milan investit dans la finance et l’immobilier, Corvino consolide la Riviera, de nouveaux clans exploitent les vides laissés par la guerre, les institutions italiennes renforcent leur présence et Il Consorzio tente de contrôler la reconstruction par les capitaux, les contrats et les intermédiaires.
Les alliances peuvent être mafieuses, économiques, politiques, institutionnelles, secrètes, publiques ou temporaires ; une alliance n’efface jamais les intérêts propres de ses membres. Toute faction ou tout personnage peut coopérer avec un ancien rival, rompre un pacte ou rejoindre une coalition adverse si ses intérêts, sa succession, sa sécurité ou ses ressources l’y poussent. La forme d’un conflit dépend des acteurs : les familles criminelles peuvent entrer en guerre mafieuse, les entreprises se livrent à des guerres économiques et d’influence, et les institutions utilisent d’abord enquêtes, contrôles, saisies, procédures, pressions administratives ou policières. Une guerre mafieuse générale augmente la pression de l’État, fragilise le commerce et ralentit la reconstruction. Une influence territoriale durable exige des relais locaux, des entreprises, des capitaux, des soutiens politiques ou une présence crédible ; une zone ne change pas de maître par simple déclaration. Il Consorzio reste opaque tant que des preuves suffisantes n’exposent pas ses liens : ses actions passent prioritairement par des sociétés, des prête-noms, des investisseurs et des intermédiaires. Le contrôle du port, du crédit, des chantiers et du programme Nova Lupa 1985 modifie directement la puissance économique et la capacité à former des coalitions. Les institutions ne constituent pas un bloc unique : maire, préfet, magistrature, police, finances et autorité portuaire peuvent coopérer entre elles ou poursuivre des stratégies divergentes.